dimanche 7 février 2010

Embarque...

Une vie comme une barque
Passager d’un jour
Passager d’une vie

Par vent fort
En pleine mer
Sous la brise de l’aurore

Craquelée, abimée, tourmentée
Ou apaisée
Légère et rapide
Ou lestée de fardeaux trop lourds

Oser avancer, se laisser emporter
Au large
Là où Il nous mène
Sans doute un peu plus loin que nos pas, seuls, nous y auraient conduit
Poussés par le Souffle

Les eaux profondes peuvent être claires un jour
Les filets peuvent être vides un autre
Pour celui qui choisit en confiance
D’obéir par amour

Embarque…
Et avance…
Il t’attend….

mercredi 3 février 2010

Pluie par intermittence, vent fort...

Il vient de se réveiller. Les plus grands sont déjà partis. Les yeux encore tout fatigués, la voix embuée dans le sommeil encore proche, les chaussons oubliés sous le lit, c’est mercredi et le temps juste un peu plus large du milieu de la semaine nous laisse ce qu’il faut de cette complicité si tendre de l’enfance. Il vient se blottir tout contre moi, son odeur est encore celle qui me rappelle ses premiers mois, sa peau plus douce que la brise sur une joue.
Il faut se lever. Il court réchauffer son bol de lait.
J’ouvre les volets, la fenêtre.
Je respire.
La pluie joue avec le vent.
Une larme vient de tomber.

lundi 1 février 2010

Dodo-école-chrono

Et c'est reparti, l'heure où on nous endort ou réveille, c'est selon, avec les rythmes scolaires des enfants, balancés entre 4 ou 5 jours de classe, des vacances trop longues ou des congés trop courts, des trimestres mal découpés, des semaines mal réparties...

Et ça m'énerve ! Voilà, c’est dit.
Les enfants sont fatigués, pâles, n'arrivent plus à être attentifs passé le jeudi matin. Les études scientifico-médicalo-ministérielles le disent, l'affirment, alors on les lit, on les croit. Les plus hautes instances médicales publient et le ministre décide, décrète, légalise, réajuste, et de son nom, d’une réforme, redonne le bon équilibre scolaire à l’année à venir, effaçant d’un trait l’équilibre que son prédécesseur avait établi quelques mois auparavant. Et l’histoire ne s’arrête jamais.
Je ne lis plus ces études. Je n’écoute plus les arguments des uns forcément meilleurs que ceux des autres.
Un sondage aux questions récurrentes d’un début d’année à l’aumônerie m’avait plus qu’étonnée. Tous ou presque ont, chez eux, un écran de télévision dans le salon, dans la cuisine et dans leur chambre. Et à l'idée de ne pas avoir d’écran chez soi, ils hurlent à l’impossible. Et à l'heure de s'endormir, tous allument le poste.
Tous, ou presque, ont des heures de sommeil réduites à un minimum qui ne me suffirait pas.
Tous, ou presque, débordent d’activités, parce qu’il faut occuper le temps, l’espace. Le vide fait peur. On ne sait jamais, à rêver ne rien faire, un enfant pourrait s’ennuyer.
Bien sûr, ce ne sont pas les raisons essentielles.
Mais à changer encore et toujours un rythme scolaire qui ne trouvera un bénéfice évident que sur la durée et dans la stabilité, ce n’est pas demain que les fins de trimestre seront moins rudes…

jeudi 28 janvier 2010

Demi pause ou soupir...

A l’heure de s’arrêter,
de se poser,
de reprendre souffle et vie
quand la journée fut pleine de ces visages retrouvés,
de ces rires même pas étouffés, de ces instants partagés
à l’abri du monde, s’échapper
vite, hâter le pas pour gagner quelques secondes
loin, du bruit, des autres, des regards
s’envelopper de sa Présence
par un signe tracé, une croix
d’une main hésitante
s’ouvrir à sa Présence
s’étonner du silence
et retourner aux autres, un peu plus légère, des mots confiés.

mardi 26 janvier 2010

Marion, Etienne, Mathilde et les autres...

La vie d’une Aumônerie se remplit de rencontres, d’imprévus, d’étonnement, de ras-le-bol comme autant d’inenvisageables surprises…
L’année ne se construit pas à perte de vue, il faut ajuster, doser, apprendre à proposer, aider à poser un choix, sans imposer celui qui semble pourtant si évident.
C’est au rythme des rencontres que la confiance se tisse, dans une lenteur riche, dans une retenue attentive. C’est à l’appui des temps forts, des week-end partagés, qu’on apprend un vivre ensemble aussi riche que bluffant…Les jeunes parient sur des nuits courtes sans sommeil, les animatrices, sur des nuits entortillées dans des sacs de couchage…
Avant d’en arriver là, rien ne se fait sans réflexion, réunions, travail, écoute, partage. Et avant d’être “dedans”, je n’aurais jamais imaginé l’investissement en temps, en énergie, en kilomètres, en nuits entrecoupées de “non, ça va pas le faire’, d’élans ou de chutes libres. Juste pour un week-end, juste pour quelques heures passées ensemble.
Pendant plusieurs semaines, nous avons construit comme l’architecte rêve l’édification idéale. Forcément, il y a des murs pas aussi droits qu’on l’espérait, forcément, il y a des portes qui ouvrent mal ou d’autres qui grincent.
Le week-end dernier, en se délestant des verres noirs et opaques qui embrumaient leurs regards, ils ont chercher à apprivoiser ce monde qui les accueille. D’un regard presque neuf, d’un regard tout en couleurs…

Bon les plumes, c'était pas MON idée !!

lundi 25 janvier 2010

SMS = Simple Mais Sûr...

L’attelage est arrivé, discrètement, jusqu’à notre chaumière reculée, loin de la ville.
Les chevaux, essoufflés, se sont arrêtés au cri du chef d’équipe.
Ils ont repéré les lieux, fait d’innombrables calculs. Il fallait vérifier les informations fournies depuis près de deux semaines par les occupants du lieu. Deux par deux, ils se sont éloignés, tenant chacun un long fil tendu. Ils avaient pris soin d’y accrocher l’indispensable “écoutille” à chaque extrémité.
Au loin, le plus âgé a fait signe que l’incident était repéré. Un autre est allé chercher les outils nécessaires.
Puis, d’un même élan enthousiaste, ils ont travaillé, durement, les visage balayés par le vent glacial, jusqu’à la réparation complète du lien abimé.
Fiers de la mission accomplie, le sourire léger, ils ont alors pris soin d’informer les habitants de leur ultime réussite…

Peut-être faudrait-il que je floute la signature ?...

Bien sûr, toute ressemblance avec une quelconque entreprise de télécommunication à la pointe des nouvelles technologies ne serait que pure coïncidence, aussi fortuite qu’involontaire…

vendredi 22 janvier 2010

Géométrie d'ensemble...

Un évêque.
Un pasteur.
Un temple.
Des visages connus, d’autres accueillants.
Des mots pour les uns, des mains tendues pour les autres.
Une seule Parole.
Et Le louer d’une même voix.
Ensemble, dire sa foi.
Et faire Église.

Tout parait si simple, si facile.
Vu d’ici, d’une petite communauté de province, il ne parait pas loin, le pont qui reliera vraiment les uns aux autres.
Une passerelle pour mieux servir, un fil tissé pour que l’Evangile prenne sens et corps, une unité pour signe d’une Eglise vivante…

Que nous soyons UN afin que le monde croie…”

mardi 19 janvier 2010

Changer le monde ♪ ♫

Effet froid. Effet blanc. Une semaine sans connexion internet. L’un n’y peut rien, l’autre pas beaucoup plus. C’est pas moi, c’est lui…Par sms, je suis tenue informée en direct des essais, tentatives ou autre réinitialisation…
Et l’impression est sournoise…parce que la dépendance élevée…
Alors, puisqu’il faut patienter, j’observe avec un soupçon de fierté la diminution évidente de bouquins en attente, j’use à n’en plus finir une vieille boite d’anches n°3, et on s’enferme dans une salle obscure…

Et l’impression est étrange…parce que les liens évidents…
D’un film à l’autre, d’un univers à l’autre, l’histoire se rejoint.
D’un film à une soirée d’aumônerie, l’enjambée est facile.
D’une seule voix et les nôtres se sont entremêlées pour dire un conflit long, loin, difficile.
D’Invictus et l’Histoire s’écrit par la volonté d’un homme.

Dans chacun de ces films, c’est le dérivatif aux conflits, aux murs dressés entre les hommes qui interpelle.
Comment d’un ensemble de choristes, comment d’une équipe de rugby, le rassemblement est possible, envisageable, visible ?
La musique pour l’un.
Le sport pour l’autre.
Et à force de volonté, d’encouragements, de larmes, d’écoute, de crampes, de coups, l’Histoire avance et l’Homme est debout…

Dans la nuit qui m'environne,
Dans les ténèbres qui m'enserrent,
Je loue les Dieux qui me donnent
Une âme, à la fois noble et fière.
Prisonnier de ma situation,
Je ne veux pas me rebeller.
Meurtri par les tribulations,
Je suis debout bien que blessé.
En ce lieu d'opprobres et de pleurs,
Je ne vois qu'horreur et ombres
Les années s'annoncent sombres
Mais je ne connaîtrai pas la peur.
Aussi étroit soit le chemin,
Bien qu'on m'accuse et qu'on me blâme
Je suis le maître de mon destin,
Le capitaine de mon âme

William Ernest Henley
Poème qui a accompagné Nelson Mandela tout au long de sa captivité.

mercredi 13 janvier 2010

Ceteris paribus sic stantibus

Pour qu’on parle d’une petite ville de province et qu’elle soit à la Une des informations nationales, il faut qu’un Président de la République y pointe son nez suffisamment pour virer encourager un préfet à aller voir du pays ou qu’une météo de saison soit enfin de saison. Toute chose égale par ailleurs, d’ailleurs…

Alors, oui, il a neigé, il neige et il neigera. Ce que nous retiendrons, ici, de notre campagne profonde, sans doute ce qui a le plus marqué les plus jeunes, c’est la solidarité entre conducteurs désemparés, surtout en côte, même légère. Chacun s’épuisant à appuyer sur l’accélérateur, les malheureux, s’essayant à installer des chaines, au milieu de la chaussée, le mode d’emploi éclairé par une vieille lampe de poche. Bref, encore hier soir, un à un, les véhicules ont pu s’en sortir parce que tous en sont sortis (des véhicules, oui, faut suivre, je sais..) et ont, à la force de leurs bras forts et musclés, poussé les véhicules.

du bleu, parce que je n'ai AUCUNE photo blanche...
Les proches s’inquiètent de notre sort (quand on voit la photo, ils ont peut-être raison…). Les mails affluent, le téléphone sonne et les oiseaux chantent.

 

bonjour blanc !
ici il a de nouveau neigé cette nuit.
Nous sommes mercredi la voiture ne sort pas du garage, les activité musique se font à pied, ouf ...
bon mercredi

M.

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Alors grasse matinée ?
ça roule chez vous ? Nous n'avons pas essayé, la voiture est toujours dans la même position qu'hier soir, et je suis en peignoir......................
ça a l'air de fondre doucement, mais je crois que les routes sont très glissantes.

C.

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ON ne parle plus que de votre ville, quelle gloire !! On pense bien à vous qui devez en avoir un peu (beaucoup ?) marre ...
Ici tout a fondu cette nuit, donc retour à la normal. La circulation n'a pas été trop catastrophique (sauf ce w.e. ... mais donc pas de souci ...on a fait de la luge et de super balades autour de la maison !). Mes cours ont été annulés jeudi dernier (que 2 élèves présents !!).
Bref, du coup, tous les essayages de combi, moufles etc. sont faits pour février (Tignes) !

Grosses bises et bon courage pour affronter (sereinement ?) cette marée blanche !

A-S

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Bonsoir à tous les six,

Nous avons de vos nouvelles, un peu vagues (de froid évidemment) mais assez catastrophiques par la télé qui nous sert des reportages sur la Manche pleins de camions en portefeuille, des serres écroulées sur les salades sansfeuilles, et même sur une route une pancarte avec de la neige jusqu'à l'accent circonflexe, ce qui la rend illisible si on ne connait pas la région. Comment vivez-vous cet épisode neigeux, comme ils disent parfois à la météo pour préciser la durée ? Un détail, si l'on peut dire, nous rassure, c'est que votre maison est isolée. Pardonnez moi, je veux dire que les travaux d'isolation que vous avez fait sont judicieux. Vous êtes doublement isolés, une seule fois aurait suffit, le principal est d'être au chaud.

Tenez bon, le redoux arrive dit-on aussi. Le ramassage scolaire reprendra aussitôt après les vacances de février.

Nous vous embrassons. C et J

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Il me faut les rassurer.

grrrrrrrrr
glaglaglaglagla
brrrrrrrrrrrr

Parce qu'on en a MARRE ! on réfléchit sérieusement avec les gens du voisinage et d’ailleurs, mais on va se mobiliser, envisager une grève, voire même un blocus (ah non pas ça, c'est déjà bloqué) une révolution alors.
Parce qu'on en a MARRE !

P. est en repos forcé depuis une semaine, l'année du bac, on est contents. Si tout va bien, si le préfet autorise les transports scolaires, il retourne en cours demain. Les trois autres ont été en cours sporadiquement, selon l'heure, la température, la bonne volonté de Yaris. Non, ce n'est pas le prénom de notre nouveau chien de traineau.
Je n'ai mis qu'une 1h15 hier soir pour rejoindre ma maison isolée, ça tombait bien la neige, je n'avais rien dans le four.
S. travaille, enfin, attend, patiente même. Il roule à pied pour être sûr d'arriver. Il répond plus au téléphone qu'une standardiste en fin de carrière.

Voilà, quand on est chez soi, on y reste, les réunions s'annulent, encore ce soir, on a quartier libre. On devait manger une galette tous ensemble, tous ensemble, on mangera des crêpes en février tous ensemble, tous ensemble. Chouette.
On est mercredi, ça fait donc une semaine que ça dure ce petit jeu divers. Enfin, le thermomètre remonte, la pluie tombe, le soleil chauffe, un peu. C'est bientôt le printemps.

Merci à la tivi d'alerter le monde de ce qu'un vrai hiver peut causer comme soucis, qu'ils aillent maintenant alerter l'opinion sur Haïti, ils ont beaucoup plus besoin d'aides que nous...

On vous embrasse, hop, un peu de neige dans le cou, ça fait froid, hein ?

A.Cl.

dimanche 10 janvier 2010

Du début to the END...

Baptême, ce doit être le mot du jour,
Parole du jour,
billet du jour…
pub !

Le hasard provoque parfois d’étranges coïncidences (allez lire Eliette, elle en parle bien justement !) 
Une rencontre avec des parents qui demandent le baptême pour leur enfant et quelques mots se posent..
Un dimanche où s’inscrit la fin du temps de Noël, où l’Eglise fête le baptême du Christ et un lien se fait.
Une photo vieillie et je retrouve sur mon chemin François, qui m’a baptisée il y a très longtemps et qui, depuis maintenant dix ans, nous accompagne, en équipe. Ce dimanche, nous devions être  23 à la maison, 23 réunis pour le fêter. 23 adultes et enfants autour de lui. Mais la neige en a décidé autrement et la journée a été reportée.
Depuis 1999, il est là, chaque mois, avec nous. Dans le langage un peu trop fermé des Equipes Notre Dame, on le nomme conseiller spirituel. Plus qu’une appellation pompeuse, il est, au même titre que chacun des couples, un membre à part entière de l’équipe. Depuis dix ans, il nous supporte…aussi bien dans nos efforts que dans nos essoufflements, aussi bien dans nos questions que dans nos doutes.
François, tu as marqué ma vie, dès son début, d’un signe de croix, d’une huile parfumée qui a imprégné chaque pore de ma peau et ma vie de baptisée. Comme pour inscrire le lien dans la famille, tu as baptisé un de nos enfants. Personne ne pouvait imaginer que nos vies se croiseraient à nouveau.
Ton exigence, notre enthousiasme, ton expérience, notre mauvaise volonté…A chaque rencontre, tu as réussi à bousculer nos habitudes, nos lassitudes. Et nous avons grandi, un peu.
Tu vas nous/me manquer…
La distance et le temps qui use irrémédiablement nos existences nous imposent désormais l’éloignement. Il te faut partir et rejoindre une autre équipe, plus proche de chez toi, dans le “grand nord”…
Bon vent !

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